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Les oiseaux: que faire si l’on trouve un oiseau en difficulté

Rouge gorge
Rouge gorge

Un pigeon, une tourterelle, un moineau, un rouge gorge, une mouette, un goéland… tant de plumeaux qui peuvent se retrouver au sol pour diverses raisons. Le laisser à son triste sort n’est pas une option, car il ne survivra pas longtemps dans ces conditions… Attention toutefois! Il peut tout simplement s’agir d’un bébé/juvénile (facilement reconnaissable à son duvet) qui est tombé du nid. S’il semble en bonne santé, essayez de trouver son nid et replacez le délicatement. Si vous le pouvez, éloignez vous et surveillez si un de ses parents revient.

S’il s’agit d’un adulte ou d’un oisillon blessé, voici la marche à suivre:

Avant toute chose, s’il saigne, l’urgence absolue est d’arrêter les saignements: un oiseau a très peu de sang, donc il peut vite en mourir! Pour cela, mettez de la maïzena (ou farine si vous n’en avez pas) sur la plaie avec un peu d’eau de manière à former un plâtre. Tant que la blessure saigne, ajoutez de la maïzena/farine.

  • Mettez l’oiseau dans un carton (pas de cage, il pourrait se blesser avec les barreaux) avec une bouillotte (ou bouteille d’eau chaude enroulée dans un torchon). La chaleur est source d’énergie chez l’oiseau, elle l’aidera à reprendre des forces. Placez le carton dans une pièce calme, peu éclairée, non humide.
  • Ne lui donnez NI EAU NI NOURRITURE avant que la chaleur ait réchauffé son corps et qu’il soit moins stressé: cela pourrait le tuer. Par ailleurs, ne donnez à aucun moment du pain ou du lait à quelque espèce d’oiseaux que ce soit, car tous deux sont néfastes pour lui.
  • Essayez de trouver un spécialiste qui accepte de récupérer le loulou: vétérinaire spécialisé, centre de faune sauvage, LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), école vétérinaire… il sera sa meilleure chance de survie… n’hésitez pas à vous déplacer, il est plus facile de refuser la prise en charge par téléphone qu’en face de vous…
  • Si malgré tout vos efforts personne ne veut récupérer l’oiseau, sa petite vie sera désormais entre vos mains et il faudra vous armer de courage, car il n’est vraiment pas évident de sauver un plumeau! Mais une vie est une vie, et chaque vie compte… alors il va falloir potasser! De quelle espèce s’agit-il? Quel âge peut-il avoir?Quel est son régime alimentaire? S’il est blessé, quels soins puis-je lui prodiguer?

Pas de panique (enfin si un peu mais bon ^^) à chaque problème une solution.

Mais avant de continuer, vous devez savoir qu’il est illégal de détenir un animal sauvage chez soi. Certains vous diront qu’il faut le laisser là ou il est car la loi est la loi… Je ne suis pas de cet avis, car il est cruel de laisser un animal vulnérable et/ou blessé à son triste sort. Mais vous devez le savoir. Vous êtes de mon avis? Alors continuons…

1/Nourrissage

Le nourrissage est une étape importante lorsqu’on récupère un oiseau chez soi, car comme tout être vivant, qui ne mange pas ne survit pas. Il s’agit cependant d’un procédé délicat surtout quand on a pas l’habitude, donc il faut être très appliqué.

Comme énoncé plus haut, ne nourrissez pas l’oiseau dès son arrivée chez vous, il faut attendre que son corps se soit réchauffé grâce à la bouillotte que vous lui aurez installé.

Jeune oiseau

S’il s’agit d’un jeune oiseau qui a encore son duvet , il y a une nourriture universelle: la pâtée aux oeufs. Personnellement j’opte pour la marque NUTRIBIRD A21 qui est riche et complète. Vous les trouverez généralement en animalerie. Mais toutes les pâtées aux oeufs se donnent de la même manière. Il y a plusieurs méthodes, voici la mienne:

  • Préparez la pâtée. Il suffit de diluer la poudre avec de l’eau chaude. Pour savoir le dosage, referez vous à la notice d’emploi de la marque de votre pâtée, mais en règle générale plus l’oiseau est petit plus la mixture doit être liquide. Attention à la température de l’eau, ni trop chaud ni pas assez.
  • Munissez vous d’une pipette (si vous n’avez pas l’habitude, commencez par les pipettes de 1mL, plus facile à manipuler. Vous en trouverez dans toutes les pharmacies)
  • S’il ouvre la bouche de lui même que du bonheur! Mais cela se passe rarement comme ca malheureusement… n’ayant pas l’habitude des pipettes ni de vos doigts, il va falloir l’aider dans ses débuts. Mettez le pouce et l’index autour de l’oiseau en pinçant délicatement son bec de chaque côté. Cela devrait l’aider à ouvrir la bouche.
  • Versez doucement la pâtée.
  • Pour savoir quand arrêter de le nourrir, je me fie au jabot. Lorsque celui est tendu, j’arrête.
  • Le nombre de nourrissage quotidien dépendra de son âge. Pour cela, vérifier son jabot les premiers jours. Il doit être à 3/4 vide pour être de nouveau nourri. Si par malheur son jabot ne diminue pas alors que cela fait plusieurs heures que vous l’avez nourri, il se peut qu’il y ait un blocage de jabot. Donnez lui alors quelques gouttes de vinaigre de cidre en espérant que cela fasse effet. Pour évitez les blocages de jabot qui peuvent avoir une issu fatale pour l’oiseau, assurez vous bien que le matériel de nourrissage (bol, cuillère, pipette…) soit bien désinfecté après chaque utilisation.
  • Quand il commence à être plumé, vous devriez plus facilement déterminer à quelle espèce il appartient (notamment grâce à Mr internet!). Cela vous permettra de savoir quelle nourriture lui convient: insectivore, granivore ou omnivore. Commencez à lui mettre à disposition sa future nourriture afin qu’il la découvre et commence à manger de lui même. Vous trouverez tout ce qu’il faut en animalerie ou grande surface.
  • Une fois que votre oiseau se nourrit seul et vole, il est sevré. Mais ce n’est pas pour autant qu’il est prêt à être relâché. Selon l’espèce, il y a un protocole à respecter.

Adulte

  • Mettez lui de la nourriture à disposition une fois l’oiseau réchauffé (je le rappelle, renseignez vous d’abord sur son régime alimentaire en fonction de l’espèce), ainsi qu’une gamelle d’eau.
  • Observez s’il mange ou non. S’il ne mange pas, vous devrez le gaver. Prenez une pipette de 2 mL et coupez la en deux. Introduisez dans la demi pipette des graines s’il est granivore ou pâté insectivore s’il est insectivore, ouvrez lui le bec en pinçant de chaque côté et faites glisser. S’il s’agit d’un oiseau marin comme une mouette ou un goéland, cela sera du poisson ou des crustacés!
  • Observez également s’il boit. S’il ne boit pas, déposez à l’aide d’une pipette un peu d’eau sur le côté du bec, surtout pas dedans car elle pourrait faire une fausse route et lui être fatale.
  • Pour voir si l’oiseau a assez mangé, référez vous également au jabot. Plus difficile à voir que sur un jeune qui n’est pas encore plumé, il reste cependant au même endroit! Palpez la zone et voyez si elle est bien remplie. Attention également au sur-gavage. Il vaut mieux nourrir légèrement pas assez que trop…
  • Chez les adultes, un nourrissage 2 fois par jour suffit.

2/Soins

Voici la partie qui se complique grandement… vous n’êtes pas vétérinaire, et jouer les apprentis soigneurs pourrait malgré votre bonne volonté plus aggraver l’état de l’oiseau qu’autre chose.

  • Si l’oiseau semble avoir une aile ou une patte cassée, vous ne pourrez rien faire d’autre que de continuer à chercher de l’aide auprès des spécialistes de votre région.
  • Si l’oiseau ne semble avoir aucune blessure physique mais qu’il est abattu, il a peut être des blessures internes… là encore seul un spécialiste pourra déterminer ce dont il souffre…
  • S’il a une plaie superficielle et que l’hémorragie a cessé, désinfectez la régulièrement avec de la bétadine jaune et surveillez qu’elle ne s’infecte pas.
  • Pour les pigeons et les tourterelles notamment, si vous apercevez de gros boutons sur son visage, son bec, ses pattes ou autour du cloaque, cela signifie que l’oiseau a probablement la variole. J’ai réalisé un article détaillé sur cette maladie et comment aider l’oiseau ICI

Comme vous avez pu le lire, au delà du fait que c’est illégal, prendre soin d’un oiseau trouvé dans la nature n’est pas chose facile du tout. C’est pourquoi je recommande vivement de trouver à tout prix un spécialiste qui acceptera de prendre en charge le loulou. Certains vous diront qu’ils ne veulent pas, d’autres qu’ils ne peuvent pas… mais ne baissez pas les bras, continuez d’appeler, vous allez probablement finir par tomber sur une âme charitable qui s’y connait en faune sauvage!

Sophie